23 janv. 2014

Renforcement des capacités de la marine des Philippines



Selon Janes, la marine des Philippines est toujours à la recherche de nouveaux bâtiments pour mieux assurer la surveillance de sa zone exclusive économique.

"Au cours de l’année, nous avons réalisé qu'il y avait une réelle menace en termes de défense de notre territoire", a déclaré le chef d’état-major des armées, le général Emmanuel Bautista. Il a dit qu’idéalement, le pays avait besoin d'environ six frégates pour protéger efficacement le littoral. 

Il a aussi déclaré à la presse  attendre un financement américain pour mener ce type d'opération. Le secrétaire d’état américain John Kerry  a en effet promis une aide de 40 millions de dollars dans le domaine militaire, lors de son passage à Manille le 17 Décembre 2013.

La marine des Philippines utilise déjà deux bâtiments de ce type. Il s’agit des BRP Gregorio del Pilar (PF15) et Ramon Alcaraz acquis respectivement en 2012 et 2013.
Les Etats-Unis ont déjà fait plusieurs propositions pour répondre au besoin de cet allié d’Asie. Des bâtiments comme des frégates de la classe Oliver Perry ou des patrouilleurs de la classe Cyclone sont des prétendants possibles.
Selon le même magazine, la présidence souhaiterait les bâtiments de la classe Perry qui sont de vrais bâtiments militaires et qui disposent d’un armement nettement plus sophistiqué. La marine souhaite se concentrer sur des bâtiments côtiers comme le patrouilleur Cyclone.


Ces deux bâtiments sont nécessaires pour combler le déficit capacitaire des philippines face au voisin chinois qui se fait toujours plus present dans ces eaux. 

La marine est aussi en train de preparer acquisition de deux batiments amphibies auuprès du constructeur indonésien PT-PAL. le contrat serait finalisé  pour un montant de 90 millions de dollars. 
Le centre d'études supérieures de la marine (CESM) dans son étude "la terre est bleue" de novembre 2013, nous livre une carte interessante qui permet de voir l'état des revendications des différents pays asiatiques.

Une copie figure ci-dessous.
 
première photo: BRP Gregorio del Pilar (PF15) et Ramon Alcaraz /ambassade des philippines
photo du patrouilleur Cyclone wikipedia 


12 janv. 2014

La contribution britannique à l’opération Serval















photo RAF
Il y a un an, la France lançait l’opération Serval  en réponse à la demande du gouvernement malien. The Official Annual Review de la RAF pour 2014 dresse un rapide bilan de cette opération.

Très rapidement après le déclenchement de l’opération Serval, la Grande Bretagne, propose un soutien logistique et dès le 13, l’opération Newcombre débute.
Deux jours après la décision du premier ministre, deux  C-17 Globemaster III du  99 Squadron de la base de la RAF de Brize Norton se posent sur la base aérienne d’Évreux. Durant les quatre premiers jours de l’opération, les deux appareils ont transporté des véhicules blindés, des hélicoptères et du personnel vers le théâtre malien. Un des appareils est ensuite reparti en Grande Bretagne.

Un détachement de liaison a été déployé à Évreux avec des éléments du 1 Air Mobility Wing. Leur mission était la maximisation du chargement des véhicules et des charges lourdes. Des personnels se trouvaient à bord pour le déchargement des véhicules.

Rien n’est simple en termes d’acheminement car les véhicules français n’avaient pas au préalable qualifiés pour l’embarquement à bord des C-17. Le Joint Air Delivery Test and Evaluation Unit en charge de travail a déployé une petite équipe en France pour réaliser cette opération avant l’embarquement des véhicules français. Les règles appliquées ont été les mêmes que celles en usage en Grande Bretagne.

Le détachement C17 s’est ensuite installé à Istres, qui constituait la base de départ de la majorité des acheminements. Le 09 février, les appareils de la RAF sont intervenus pour la mise en place des unités ghanéennes de la MINUSMA (AFISMA en anglais, African led international support mission to Mali). Leur mission a duré 4 semaines durant lesquelles 11 sorties ont été conduites.

Un autre aéronef de transport, un BAe146 C Mk3 du 32 Squadron, acquis en Mars 2012 a été engagé en mission de transport au profit des différentes équipes de reconnaissance et aux instructeurs mis en place au profit d’EUTM Mali.  

Le 25 Janvier, le ministère de la défense  britannique annonce le déploiement du  système de surveillance électronique Sentinel R1 en soutien des forces françaises. L’appareil et son environnement a été déployé à Dakar pendant 4 mois. Il devait parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant de rejoindre la zone d’opération. Selon le bilan de la RAF, la France avait beaucoup apprécié les informations fournies par ce type d’aéronefs lors de l’opération en Libye.
L’appareil a été déployé avec son personnel de soutien à Dakar ; ce qui a constitué un défi important en raison dans de conditions climatiques exigeantes et changeantes. L’immensité du territoire a amené à sélectionner le renseignement « utile » à chercher pour l’état-major français. Selon le blog Bruxelles 2, la prise d’otages d’In Amenas avait joué un rôle déterminant dans la décision de déployer le Sentinel



Le bilan
Côté britannique, le bilan semble positif à cette période où la coopération avec la France est devenue indispensable. Pour la France, on peut dire que la contribution britannique a été primordiale pour l’opération Serval car la rapidité de la mise en place des moyens roulants pour les unités de combat a permis de monter très rapidement vers le Nord et de bousculer les groupes terroristes.   



Sentinel R1 (Photo RAF) 
Comme le publiait le ministère de la défense, plusieurs pays avaient répondu aux demandes de soutien de la France.
La Belgique a fourni deux avions C 130 Hercules et deux hélicoptères A109 Medevac. Les Danois ont quant à eux envoyé un avion C 130 Hercules. Le Canada, la Grande-Bretagne et la Suède ont engagé des avions C-17.Les Pays-Bas ont mis à disposition 2 avions KDC 10 ainsi que 4 C130 et 1 DC10. L’Espagne a fourni dans un premier temps un avion C 130 Hercules puis un avion Casa. Enfin, l’Allemagne a fourni 3 avions C 160 Transall et un avion A 310 multi-rôle de ravitaillement en vol et de transport.

Selon un rapport du sénat du 16 avril 2013, la France ne dispose plus des capacités de transport stratégique et de ravitaillement en vol lui permettant de rentrer de façon autonome sur un théâtre d’opérations. Ainsi, 75 % des affrètements aériens militaires ont été fournis par les pays alliés. Ces derniers ont transporté les trois quarts de nos matériels et de notre personnel durant les trois premières semaines de l’opération.Les alliés  ont également assuré une part significative (30 %) du ravitaillement en vol de nos avions.

Pour conclure
Meilleurs voeux 2014 










  


BAe146 C Mk3 (photo RAF prise en Afghanistan)

18 juil. 2013

L’artillerie indienne reste encore en mauvaise posture


Jane’s international defence review nous livre ce mois-ci, un panorama actualisé de la situation de l'artillerie indienne.

Après des années d’hésitation et de nombreux duels avec le Pakistan, l’artillerie indienne doit remplacer la plupart de ses matériels en raison des retards pris dans les appels d’offres successifs
Tous les calibres doivent faire l’objet d’un changement de matériels ou d’une modernisation. Pour les canons de 155/52 calibres ; des tests sont en cours en inde et l’achat d’obusiers ultra légers M777 est en cours de finalisation.












photo / OFB

Le FARP (Field artillery Rationalisation Plan)

Des officiers de haut rang de l’artillerie trouvent que ces seuls contrats ne sont pas en accord avec le FARP (Field artillery Rationalisation Plan) qui prévoit l’achat de 3000-3200 pièces pour un montant de 5 à 7 milliards de dollars.
Selon eux, il faut immédiatement engager le plan de modernisation, sous peine de ne pas être en mesure de faire face aux puissances régionales dans le domaine de l’appui à longue distance.
L’objectif du plan est d’équiper 200 régiments avec des obusiers acquis chez des industriels étrangers ou en Inde dans le cadre de partenariat public-privé. Le manque de matériel moderne rend difficile la montée en puissance des deux divisions de montagne qui doivent faire face à l’Armée chinoise (APL). La montée en puissance d’un nouveau corps d’armée de montagne et donc d’une division d’artillerie supplémentaire semble actuellement problématique.

Le FARP prévoit l’acquisition de :
1580 pièces de 155/52 calibres et 145 obusiers légers 155/39 calibres (en cours d’acquisition). Il prévoit aussi l’achat de 100 automoteurs de 155 mm( self propelled track) ,180 canons sur roues (self propelled wheeled) plus 120 à construire localement.

La situation actuelle

En lieu et place l’artillerie indienne utilise au sein des trois divisions d’artillerie, des canons de six calibres différents.

On trouve des 122D30 et des canons tractés 130 M46. ; le canon indien de 105 mm (IFG) et un dérivé plus léger. Il doit rester en service la moitié des 410 FH77B 155/39 calibres achetés auprès de la Suède. 180 canons M46 ont été portés au calibre 155mm/45 calibres par la compagnie israélienne Soltam ; ce qui leur donne une portée de 37-39 kms.

En mai 2013, des essais ont eu lieu avec l’obusier Nexter Trajan et le canon israélien ATHOS 2052 en utilisant des munitions de fabrication indienne. Ces tests doivent se poursuivre cet hiver avant une décision pour un budget de 2 milliards de dollars. Le matériel doit être capable d’atteindre une portée de 42 kms. Le contrat porterait sur l’achat de 400 pièces et la production en Inde de 1180 pièces ; de quoi équiper 85 régiments.
Ces essais ont les cinquièmes à avoir été conduits depuis 2001.

Nexter collabore avec une entreprise indienne privée Larsen & Toubro car selon les procédures d’acquisition de la défense indienne au moins 50% du produit doit être de fabrication locale. Pour cette compétition, l’israélien Elbit s’est allié à l’entreprise indienne Kalyani Group.

La DRDO (recherche institutionnelle indienne) a reçu mission de l’armée de terre d’étudier un obusier tracté baptisé Advanced Towed Artillery Gun system pour 2016. Les russes proposeraient un automoteur basé sur un châssis de T72 en modifiant un 155mm/39 calibres en 52 calibres.
  • La remise en état des FH-77B
Pendant de longues années ; il y a eu de nombreuses tentatives pour certaines irréalistes de modernisation des canons suédois. Il existerait désormais la possibilité de construire localement de nouveaux canons basé sur ce modèle. 
L’entreprise indienne d’état OFB (Ordnance Factory Board) a construit six prototypes de l’obusier FH-77B en 39 et 45 calibres.
Ceux-ci ont été testés dans le désert du Rajasthan mais doivent encore faire l’objet d’une campagne de tir en altitude. Sous la pression de l’armée de terre, le ministère de la défense a approuvé l’achat de 114 canons de ce type fabriqués en Inde. Le haut commandement de l’artillerie souhaite porter ce chiffre à 200 pièces.
L’accord pour la production devrait arriver en début 2014 et la commande devrait être honorée en 36 mois. BAE system qui a racheté Bofors se dit prêt à fournir une assistance dont les contours n’ont pas encore été précisés.
  • La modernisation des M46
L’inde a été le principal utilisateur du canon M46 de 130 mm à partir de la fin des années 60. Celui-ci a servi avec efficacité dans la guerre de 1971 contre le Pakistan.
A la demande du ministère de la défense, plusieurs entreprises indiennes en partenariat avec des firmes étrangères ont commencé à réfléchir à la modernisation de ce matériel. Ils attendent maintenant la RFP ; chaque concurrent recevrait un canon à moderniser dans un délai de 12 mois avant une série de tests.
  • Le développement du TATA MGS de 155mm /52
 











 

 

photo/ defenceforumindia


Tata Power SED a développé au cours des cinq dernières années un prototype de canon monté sur véhicule à roues. Développé en partenariat avec des compagnies indienne et étrangères ; le matériel a déjà été testé en Afrique du sud mais attend encore une autorisation ministérielle pour mener des essais en Inde. Doté d’une mobilité importante ; sa portée pourrait atteindre les 45 kms.
  • Un système d’artillerie sur le char Arjun
Dans la perspective de trouver au plus vite des moyens ; la DRDO a travaillé au développement d’un obusier utilisant le châssis du char de combat Arjun. Les premiers tests du prototype ayant été concluants, le conseil des acquisitions du Ministère de la Défense a autorisé l’achat de 40 plate formes de ce type. Il s’agit d’équiper deux régiments et de remplacer des matériels quasi identiques montés dans les années 80 sur la version indienne du Vickers MK1. Dans cette configuration, l’équipe de pièce n’est pas protégée et la portée limitée à 27 kms.
  • La finalisation du contrat M777
L’objectif est l’achat de 145 obusiers légers de 155 et du système LINAPS pour un montant de 647 millions de dollars. Le contrat du type FMS permettre d’équiper les 7 régiments des deux nouvelles divisions de montagne. Des officiers de haut rang de l’armée de terre souhaite acquérir 280 à 300 de ces canons pour compléter l’équipement du corps de montagne. Ce canon est transportable par hélicoptère CH47 F dont l’Inde a commandé 15 exemplaires.

Comme évoqué en plusieurs occasions sur ce blog; l'artillerie indienne est encore en situation précaire après des années d'hésitation et de procédures inachevées.

SOURCE
article paru dans Jane’s international defence review
July 2013-07-12

9 juil. 2013

Nouvelles sud-américaines



CHILI
Achat d'avions-cargos de transports moyens

Selon Luis Vasquez,d'infodefensa.com, l'armée chilienne a récemment lancé un appel d'offres pour l'achat d'un maximum de huit avions de transport tactique moyen d'équiper Brigade d'aviation (Bave) basée à Rancagua , 87 km au sud de Santiago. Ces avions remplaceraient les Casa 212 et 235 les plus anciens.

Selon cette même source, la marine chilienne a demandé au gouvernement l'autorisation et le financement pour l'achat du bâtiment d'assaut amphibie de 12000 tonnes  Sirocco de la marine française.Selon le journal le marin : À l'origine, le TCD Siroco devait rester en service dans la Marine nationale jusqu'en 2022, date à laquelle était envisagée la livraison d'un quatrième BPC.

ARGENTINE
Les entreprises aéronautiques argentine (FADEA) sont  en pourparlers avec la Chine pour la co-production du chasseur léger FC-1/JF-17.

Selon le journal Janes IHS des pourparlers seraient en cours avec les autorités chinoises pour une co-production de l'avion de combat multirôle Société FC-1/JF-17 Chengdu Aircraft Corporation (CAC) possible. Ces pourparlers ne seraient pas encore arrivés à terme en raison de la question du transfert de technologie.

Cet appareil relativement bon marché mais capable d'emporter un armement varié d'origine occidentale ou chinoise pourrait avantageusement remplacer les chasseurs argentins hors d'âge.

Ce type de co- production n"est pas sans rappler le chasseur FMA IAe 33 Pulqui II , avion de chasse à réaction conçu par Kurt Tank dans les années 1940 en Argentine.

17 juin 2013

Lancement du salon du Bourget

Ce lundi 17 juin, lancement officiel de la  50 édition du salon du Bourget.


















Outre la présence française, il convient de noter une importante participation  des ex-républiques soviétiques à ce salon. Les entreprises de Russie et d’Ukraine présentent de nombreux avions en vols.
















L’Antonov 70 ukrainien  dont l'industrialisation a enfin commencé
Le Sukkoi 35 qui a fait un show époustouflant de manœuvrabilité  et de puissance
































Le Yak 130, avion d'entrainement avancé
Compte rendu détaillé à suivre.

11 juin 2013

4ème ateliers de la Citadelle –Lille 07 juin 2013




Les ateliers de la Citadelle se sont tenus à Lille en présence d'un auditoire nombreux et d'intervenants forts intéressants.
La tenue de ce colloque suit de quelques semaines la publication d’un rapport parlementaire qui dressait un bilan sans concession sur l’Europe de la défense.

Cette année deux thèmes avaient été choisis par les organisateurs des ateliers.
1. Les coopérations militaires, le champ du possible
2. Les coopérations et les mutualisations opérationnelles, capacitaires et industrielles

Quelques idées importantes du débat et du rapport parlementaire
L'Europe de la défense
La PESD a connu une période faste de 2000 à 2008. A cette époque les structures n’étaient pas réellement en place mais il y avait une volonté. Actuellement les structures sont en place mais plus rien de concret ne se passe.
L'Europe de la défense est un concept purement français qui n’est pas repris par la majorité des partenaires européens. Il s'agit malgré plus d'une incantation qu'une réelle volonté de collaborer. La volonté politique étant quelquefois facilement difficilement transposable en termes militaires.

Trois facteurs auront une influence importante sur le futur de la PSDC :

· L’avenir de l’OTAN ;
· Le balancement des USA vers le Pacifique ;
· La crise économique et financière.

Les ambitions de l’Europe de la défense ont souvent été limitées par des conceptions divergentes de la place de l’Europe dans le monde. La France est en effet le seul pays d’Europe à avoir encore des territoires dans tous les océans de la planète, sauf l’Arctique.

Un des participants a justement proposé trois axes qui pourraient constituer une ébauche de définition d’intérêts stratégiques.

-Sécurité du voisinage au sen large (Sahel, Corne de l’Afrique, Golfe Arabo-persique)
-Sécurité maritime dans ces zones et celles adjacentes
-Contribution au système de sécurité collective de l’ONU

Le bilan récent de la PSDC est plutôt négatif :
• Échec grave de l’EUFOR Libye, qui n'a pas obtenue le feu vert des Nations Unies et n’a en réalité jamais été déployée dans le pays.

• L’opération Serval est le type même d’opération que l’Union européenne ambitionne de pouvoir mener collectivement dan le cadre de la PSDC et une fois de plus, comme dans le précédent de la Libye, elle s’est avérée incapable de le faire.

• La solidarité européenne ne s’est pas exprimée dans des conditions satisfaisantes pour la mission de formation EUTM Mali.

il y a un manque de clarté dans le « maquis » des organismes traitant des questions de sécurité au sens large a multiplication des instances compétentes ou parties prenantes qui, dans le cas de la Libye, a débouché sur une véritable paralysie de l’action de l’Union européenne. Forces est de constater que le centre des opérations n’a pas les capacités suffisantes.

Dans la conjoncture actuelle de crise budgétaire, aucun État ne semble disposé augmenter ou même maintenir sa participation aux opérations, qui restent en grande partie à la charge du budget national, le mécanisme de financement ATHÉNA ne permettant de communautariser qu’une faible partie du budget de l’opération (le commandement et certaines tâches communes).

Un constat
La haute représentante a peu fait progresser la PSDC pour de multiples raisons (manque de charisme, de volonté des états, nationalité)

L’application du traité de Lisbonne et la coopération structurée permanente n’en est qu’à ses débuts mais pourrait faire progresser la situation dans un contexte économique très défavorable. La CSP est un réservoir de capacités nationales, mises à disposition par les États membres. Ces derniers conservent leur souveraineté sur ces capacités nationales : s’ils souhaitent qu’elles ne soient pas mises à disposition pour telle ou telle mission, elles ne doivent pas l’être. Mais sauf opposition étatique, l’Union européenne doit pouvoir puiser dans ce réservoir de capacités, pour les utiliser de façon flexible, en fonction des besoins de telle ou telle mission.

La procédure est considérablement assouplie par rapport aux autres coopérations renforcées puisqu’elle n’est pas soumise à un nombre minimal de participants. Selon les rapporteurs, la mise en place de la CSP ne dépend pas, en tout état de cause, d’obstacles financiers, mais bien d’une volonté politique. Certains États ont d’ailleurs manifesté clairement leur intérêt pour la CSP (notamment la Belgique, la Hongrie, la Pologne). L'Europe a donc entre les mains l’instrument de relance de sa politique de défense. Elle peut décider de l’utiliser à tout moment. Le voudra telle ?

Ce traité introduit aussi une innovation fondamentale qui concerne la « clause de défense mutuelle »

Il n'existe aucune force réellement européenne 

Peu de pays même la France sont réellement disposés à fournit des forces en permanence au profit d'une organisation internationale (OTAN,UE). Il n'y a actuellement qu'un seul BG disponible au lieu de deux prévus. Ceux-ci comme la NRF de l'OTAN constituent un excellent cadre pour un entraînement, servant à augmenter l’interopérabilité des troupes et à créer de la solidarité entre nationalités. les groupements tactiques de l’Union européenne n’ont jamais été déployés en opérations : ils sont restés un instrument virtuel. En exagérant un peu ; ce sont des forces de « non emploi »

Les forces multinationales ne sont pas européennes (EUROCORPS,BFA). Elles restent sous commandement national et sont le fruit d'initiatives bi ou multilatérales. Elles sont régulièrement déployées sous commandement national (Afghanistan, BFA en Côte d'ivoire). La dissolution de l'EUROFOR (Florence) montre que si il y a des doublons un effort de rationalisation peut être effectué au regard des capacités de l'OTAN.

L’initiative franco-britannique sert’ elle la défense européenne ?
Oui ; indirectement.
Dans ce domaine, il est nécessaire de prolonger l’impulsion politique par des discussions approfondies sur nos intérêts stratégiques. Pour donner corps à cette vision, le projet de force commune franco Britannique CJEF (Combined Joint Expeditionnary Force) apparaît comme une démarche pertinente. Le rapprochement opérationnel reste une étape. La création à l’étude d’un groupe aéronaval franco-britannique (GAN) à l’horizon 2020 – comportant un porte-avions et son groupe aérien fourni par une des deux nations, l’état major et l’escorte étant communs – permettrait de donner un signal fort à nos partenaires européens

Ce qui fonctionne.

Les petites opérations, les concepts qui offrent aux états de la souplesse leur permettant de récupérer leurs moyens sur court préavis.

• Les coopérations souples, comme le montre, dans le domaine de la coopération aérienne, l’exemple de l’EATC (European Air Transport Command).
• L’opération ATALANTA est un succès et contribue incontestablement à l’amélioration de la lutte contre la piraterie.
• EUFOR SOMALIA : 6000 soldats ont déjà été formés et un lien direct existe entre cette formation de l’armée somalienne et la stabilisation de la Somalie.

On constate que des accords régionaux » qui associent en général des puissances moyennes sont en général un succès.. On peut citer l’étroite collaboration entre les marines hollandaises et belges ; l’intégration récente d’une brigade néerlandaise au sein d’une division allemande.

Les coopérations et les mutualisations opérationnelles, capacitaires et industrielles

On ne peut que constater la difficulté des états à planifier et acquérir des capacités en commun. Il y a quelques succès en commun dans des domaines qui ne sont pas spectaculaires ou visibles. L'approche intergouvernementale a tendance à brider les initiatives.

Il faut constater que beaucoup de pays sont dans des phases de réception de matériels. S'il n'y a pas de projets futurs de grande ampleur les équipes de recherche et développement vont s’éparpiller dans d’autres pays.

Le mariage manqué EADS-BAE laissera des traces importantes dans le paysage industriel européen Cela pourrait se traduire par un éventuel changement de stratégie du groupe et le ratio activité militaire et civile. L’Allemagne n'est pas sensible à l'idée de la base industrielle et technologique de défense.

L’industrie a été échaudée par les drones (Talarion, euromale) et l’A400. L’industrie de la défense est régie par la demande et ne peut se comparer à un autre secteur économique. 

Au niveau eropéen, des choses positives avancent dans les domaines d’environnement et le soutien des forces. Malgré un budget restreint, l’Agence Européenne de Défense (AED) agit à la carte à partir de deux états. Elle interviendra bientôt dans le domaine très complexe de la certification des aéronefs militaires.

Les trois priorités de l’agence

· Le ravitaillement en vol;
· Les drones ;
· La cyber-défense .

En conclusion
Selon le rapport de l'assemblée nationale, l’année 2013 semble être l’année de tous les défis pour l’Europe de la défense.
Tous les intervenants des ateliers de la citadelle sont aussi d'accord pour dire qu'il s’agit de ne pas laisser passer cette fenêtre d'opportunité que représente la mise à l'agenda du Conseil européen des "questions de défense . Ceux-ci sont des enjeux majeurs pour les intérêts stratégiques et économiques de l'Union européenne.

9 juin 2013

Elections iraniennes


Les élections iraniennes auront lieu dans quelques jours ; le centre de recherche des écoles de Coetquidan propose une intéressante note de synthèse d’une dizaine de pages sur ce sujet.






Ce document intitulé : élection présidentielles iraniennes : renforcement ou mise en sommeil du nouvel empire mongol ? ; nous amène à considérer qu’il existe potentiellement un axe stratégique Chine- Russie- Iran dont un des objectifs est de contrer la politique occidentale en Asie

L'Iran pays observateur de l’Organisation de coopération de Shanghai, bénéficie d’une forme de protection de la part de ses deux principaux membres (Russie-Chine). En juin 2012, lors du dernier congrès de cette organisation, Les six pays de l'organisation avaient conclu leur sommet annuel en affirmant leur opposition à l'usage de la force contre l'Iran et la Syrie.

Le document montre les multiples coopérations qui existent entre les trois pays et l'évolution des relations entre ces états complexes. Ainsi , on note l'insistante de la Russie pour que l’Iran participe à la future conférence sur la Syrie (Genève 2) alors que l'occident s'y oppose.

Dans la dernière partie  du document on apprend que les iraniens comme la plupart des peuples du monde semblent plus intéressés par les questions économiques que par le dossier des négociations sur le nucléaire.
Pour citer le rapport : beaucoup plus que la couleur politique, c’est la personnalité du nouveau président qui jouera un rôle décisif sur la position du pays au sein du nouvel empire mongol.
Pour aller plus loin avec la recherche du ministère de la défense

Le groupe SYNOPSIS du Centre de Recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan propose les rapports suivants :

Au niveau de la recherche du ministère de la défense, il existe une production riche et variée sur de nombreux sujets. Au delà du site institutionnel defense.gouv.fr ; il pourrait être intéressant de créer un site regroupant l'ensemble des ressources de ce type.

        7 juin 2013

        Après quelques mois d’interruption de publication, ce blog va reprendre  progressivement une activité plus régulière. Pendant cette période, je ne me suis pas seulement amusé ; vous pourrez trouver mes derniers travaux dans les magazines suivants :

        DSI 93 juin 2013
        Armées
        Article :L’armée de terre brésilienne se prépare aux défis des années à venir.



















        Les Grands Dossiers de Diplomatie n°14
        Forces armées indiennes: un outil en pleine évolution