27 avr. 2011



Reprise des combats entre le Cambodge et la Thaïlande

Depuis plusieurs jours des combats font rage entre les armées cambodgiennes et thaïlandaises. Des affrontements sont survenus tôt ce mercredi matin près des temples de Ta Muen Thom et Ta Kwai (Ta moan et Ta Krabei en khmer) dans les zones contestées limitrophes de la province de Surin dans le nord-est de la Thaïlande.

La nouvelle série de tirs à l'arme légère s'est produite près des ruines des temples du XIIIe siècle mercredi vers 05h30 et a duré une trentaine de minutes, a indiqué le porte-parole de l'armée thaïlandaise, le colonel Sansern Kaewkamnerd.

Le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge s'est étendu mardi avec l'ouverture d'un second front, à 150 km du lieu des affrontements des derniers jours. Un porte-parole du gouvernement cambodgien a ainsi déclaré que des avions de combat thaïlandais avaient effectué des tirs en territoire cambodgien près du temple. Côté thaïlandais, on annonçait en effet la présence à la frontière de F16 participants à des exercices.

Au mois de février des combats avaient eu lieu, causé la mort de 11 personnes et déplacé des milliers d'habitants. La Thaïlande et le Cambodge continuent à s'affronter pour la possession d'une zone de quatre kilomètres carrées et deux temples. Le tracé des 800 kilomètres de frontières entre les deux pays n'est pas clairement établi bien qu'un arrêt de la Cour Internationale de Justice de 1962 attribue la zone contestée au Cambodge.


Selon l'AFP, Les ministres cambodgien et thaïlandais de la Défense devaient se rencontrer très prochainement à Phnom Penh pour évoquer un cessez-le-feu. Cette rencontre a été annulée aujourd'hui en raison de la tension persistante mais le premier ministre cambodgien a appelé aujourd'hui à un cessez-le-feu.

Selon certains analystes, ce conflit n'est pas réellement territorial mais plutôt économique voire énergétique. Ces affrontement ne seraient qu'une conséquence de la crise politique thaïlandaise et une tentative de détourner l'attention de l'opinion publique de ce pays. L'armée thaïlandaise serait en train de faire monter la pression nationaliste contre le Cambodge qui arbitrerait certains chefs des chemises rouges.

Selon le journal Le Monde : Au Cambodge, Hun Sen, au pouvoir depuis 26 ans, a été accusé par ses détracteurs d'exploiter le différend territorial en vue des élections législatives. A Preah Vihear, "Hun Sen se prête délibérément au jeu pour revitaliser le sentiment nationaliste et revigorer le soutien à son endroit", résume William Case, directeur du Centre de recherche pour l'Asie du Sud-Est à Hongkong, interrogé en février par l'AFP.

La très puissante armée thaïlandaise
Aujourd'hui les forces armées royales thaï comptent environ 350 000 personnels et disposent d'un budget de 5 milliards de dollars US. Elles sont équipées de matériels relativement anciens mais en cours de renouvellement. Le pays est un allié traditionnel des États-Unis dans cette région du monde, bien qu'il diversifie de plus en plus ses sources d'approvisionnement en matériel militaire. La chine, la France, la grande Bretagne, Israël et le Suède figurent au rang des fournisseurs, De plus le 26 mars 2011, le Bangkok Post annonçait l'achat de 200 chars de combat ukrainien T84U.

Dans le domaine naval, la Thaïlande entend tenir un rôle de puissance régionale. En ce qui concerne ses voisins immédiats, la Marine royale parvient à endiguer à l'est la petite Marine royale cambodgienne et les ambitions sous-marines de la Marine populaire vietnamienne ; à l'ouest à contrôler plus ou moins l'entrée du détroit de Malacca. Elle est encore la seule en Asie à posséder un porte aéronef en service.
Aujourd'hui même, le pays a confirmé l'achat de six sous-marins d'occasion allemands de type U206 A. En fin d'année 2010, deux bâtiments de guerre thaïlandais, le HTMS Pattani et le HTMS Similan avec 351 marins et 20 membres des forces spéciales avaient pris part à la lutte contre la piraterie dans le golfe d'Aden.
Dans le domaine aérien, la Thaïlande malgré la crise économique continue de moderniser son armée de l'air avec de nouveaux appareils comme le Gripen. Elle envisage aussi la modernisation d'un nombre réduit de ses chasseurs F16.

Les forces armées royales cambodgiennes comptent 124000 personnels d'active et un budget de 123 millions de dollars (quarante fois inférieur à celui de la Thaïlande). Elles disposent de forces modestes, disposant de matériels anciens, technologiquement peu avancé. Elle comptent néanmoins plusieurs centaines de Généraux dont le premier ministre. Depuis le démobilisation des khmers Rouges et des différentes fractions militaires, il est difficile d'estimer sa valeur. Le Cambodge a néanmoins engagé une restructuration de ses forces armées et la mission militaire de coopération française à Pnom Penh participe à cet effort.


Photos Internet / troupes cambodgiennes

Le différend est pris en compte par l' ’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN). Son secrétaire général, Surin Pitsuwan, a demandé au Cambodge et à la Thaïlande de mettre fin immédiatement à tous actes d'hostilité et de régler leurs litiges par la voie pacifique, a rapporté la presse cambodgienne de vendredi. Selon le dirigeant indonésien, le recours à la violence est inacceptable au sein de l' ASEAN.
Première photo/ soldat de la 2ème division de cavalerie ( Bangkok Post)


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